LCD, LA DERNIÈRE DOSE (Trax 145 mai)

Mon, May 30 2011 04:38pm CEST 1
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Le 2 avril dernier, la bande de James Murphy effectuait son « last show ever » dans son fief de NYC, au Madison Square Garden. « Trax » était là pour observer la fin d’un groupe désormais entré au Hall Of Fame de la musique.

Par Vincent Tajan

Photo DR

Si depuis une bonne dizaine d’années l’attention s’est peu à peu recentrée sur le dancefloor, s’il est aujourd’hui de bon ton d’avoir un groupe de rock et d’être en même temps DJ, si jouer de la disco dans les clubs branchés est en passe de devenir quelque chose d’évident… c’est un peu (beaucoup) à cause de lui. James Murphy, 41 ans, nous a pris une dernière fois à contre-pied avec la toute dernière performance de son désormais légendaire LCD Soundsystem.

« Au moment de mes 30 ans, je me suis promis d’arrêter à 40, et j’y suis… Je commence à me sentir comme un rocker professionnel et ça n’a jamais été l’objectif. » Murphy n’a jamais voulu faire carrière et pourtant le voilà, avec derrière lui quatre albums, des dizaines de singles et encore bien plus de remixes, une poignée de side-projects et un statut d’icône post-dance incontournable. Il sera donc à jamais le quadragénaire qui, à l’aube d’un nouveau millénaire, a su réconcilier dance électronique et noisy rock, comme certains autres illustres New-yorkais de downtown l’avaient fait avant lui. Pas trop mal pour quelqu’un qui se décrit lui-même dans un de ces morceaux comme « a fat guy in a T-shirt doin all the saying ».

L’attente était donc énorme autour du « fat guy » le plus hype de toute la côte est et le résultat fut à la hauteur : 3h40 de show, 28 morceaux (dont le fameux 45.33, en entier s’il vous plaît), 17 musiciens sur scène sans compter les chœurs et quelques guests (dont Arcade Fire, Shit Robot, Juan MacLean, Reggie Watts, etc.). Le tout agrémenté d’un tour de passe-passe magistral : réussir à faire du Madison Square Garden un lieu presque intimiste, d’où transpire l’émotion indéniable des quelque 25 000 personnes présentes (dont certaines venues des quatre coins du globe faut-il le préciser…). Et pourtant, rien de larmoyant dans tout ça, pas la moindre mention du fait qu’il s’agissait là de leur dernier concert, de leur dernière chanson, du dernier riff de guitare, de la dernière cow-bell martyrisée… Juste de l’énergie pure délivrée dans des sachets de quatre minutes, une virtuosité technique à couper le souffle, et, sur scène, une complicité palpable qui faisait plaisir à voir…

Chacun a donc eu sa dernière dose … On amorce sa descente sans trop bien comprendre ce qui s’est réellement passé, et c’est dorénavant dans sa bibliothèque (digitale ou Ikea) que l’on trouvera quelques patchs de substitution empreints de cette douce nostalgie post-avril 2011.

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