Le 2 avril dernier, la bande de James Murphy effectuait
son « last show ever » dans son fief de NYC, au Madison Square
Garden. « Trax » était là pour observer la fin d’un groupe
désormais entré au Hall Of Fame de la musique.
Par Vincent Tajan
Photo DR
Si depuis une bonne dizaine d’années
l’attention s’est peu à peu recentrée sur le dancefloor, s’il
est aujourd’hui de bon ton d’avoir un groupe de rock et d’être
en même temps DJ, si jouer de la disco dans les clubs branchés
est en passe de devenir quelque chose d’évident… c’est un peu
(beaucoup) à cause de lui. James Murphy, 41 ans, nous a pris
une dernière fois à contre-pied avec la toute dernière
performance de son désormais légendaire LCD
Soundsystem.
« Au moment de mes 30 ans, je me suis
promis d’arrêter à 40, et j’y suis… Je commence à me sentir
comme un rocker professionnel et ça n’a jamais été l’objectif.
» Murphy n’a jamais voulu faire carrière et
pourtant le voilà, avec derrière lui quatre albums, des
dizaines de singles et encore bien plus de remixes, une poignée
de side-projects et un statut d’icône post-dance
incontournable. Il sera donc à jamais le quadragénaire qui, à
l’aube d’un nouveau millénaire, a su réconcilier dance
électronique et noisy rock, comme certains autres illustres
New-yorkais de downtown l’avaient fait avant lui. Pas trop mal
pour quelqu’un qui se décrit lui-même dans un de ces morceaux
comme « a fat guy in a T-shirt doin all the
saying ».
L’attente était donc énorme autour du « fat
guy » le plus hype de toute la côte est et le résultat fut à la
hauteur : 3h40 de show, 28 morceaux (dont le
fameux 45.33,
en entier s’il vous plaît), 17 musiciens sur scène sans compter
les chœurs et quelques guests (dont Arcade Fire, Shit Robot,
Juan MacLean, Reggie Watts, etc.). Le tout agrémenté d’un tour
de passe-passe magistral : réussir à faire du Madison Square
Garden un lieu presque intimiste, d’où transpire l’émotion
indéniable des quelque 25 000 personnes présentes (dont
certaines venues des quatre coins du globe faut-il le
préciser…). Et pourtant, rien de larmoyant dans tout ça, pas la
moindre mention du fait qu’il s’agissait là de leur dernier
concert, de leur dernière chanson, du dernier riff de guitare,
de la dernière cow-bell martyrisée… Juste de l’énergie pure
délivrée dans des sachets de quatre minutes, une virtuosité
technique à couper le souffle, et, sur scène, une complicité
palpable qui faisait plaisir à voir…
Chacun
a donc eu sa dernière dose … On amorce sa descente sans trop
bien comprendre ce qui s’est réellement passé, et c’est
dorénavant dans sa bibliothèque (digitale ou Ikea) que l’on
trouvera quelques patchs de substitution empreints de cette
douce nostalgie post-avril
2011.