UN VOYAGE ECLECTIQUE
Joan et Adrien, le déjanté couple parisien derrière Masomenos,
surfent avec précision entre minimale et house sur leurs tracks
colorés. Rencontre avec ces deux énergumènes de l’expérience
deep. Par Charlotte Sarrola.
Trax : Comment est venue l’idée de Masomenos ?
Joan costes : On expérimentait tous les deux dans différents
médias et, lors de notre rencontre, on a préféré continuer la
prod’ musicale, le DJing et le graphisme sous un nom
commun.Adrien de Maublanc : À l’époque, on avait composé un
morceau un peu housy avec des samples pour le stand Perrier-Jouët
à la FIAC. Le tout assorti d’une animation psychédélique. C’était
déjà expérimental. Ce projet nous a donné l’énergie d’approfondir
nos productions musicales, ce qui a abouti à Bon Voyage.
Trax : C’était votre premier album.
AdM : Oui, une compile de titres « nappeux », produit par Pschent
sous la forme d’un Costes Présente. On s’est lancé dans un
bootleg géant d’une heure qui s’appelait Bon Voyage. On n’a
jamais vendu autant de CD, entre 15 et 20 000. Ça nous a permis
d’être reconnus et de faire exister notre label, WTM (Welcome To
Masomenos).
Trax : Le fait d’être estampillé Costes ne vous gêne pas
?
Jc : C’était un choix et on bénéficiait de leur réseau. Pour
beaucoup de gens, ça a été aussi une bonne introduction à la mu-
sique électronique.
AdM : On les a amenés sur du Carl Craig, du Robag Wruhme, des
artistes assez underground. Personne n’y croyait trop. Pourtant,
lorsqu’on a sorti les maxis « animaux » (une série d’EP commencée
en 2008 nommés Le Poulet, Froggy, Croco etc., NDLR) et le Live
Mix, ça a marché tout de suite. Le Poulet a été compilé sur
Cocoon un mois après sa sortie et, direct, on a eu les bookings,
Shanghaï, la Corée, la Roumanie.
La suite dans TRAX 151 en kiosque jusqu'à la fin janvier.